Restavec : From Haitian Slave Child to Middle-Class AmericanJean-Robert Cadet :
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Le visage derrière le masque
Des cendres de l'institution d'esclavage se levait Haiti, la première république noire de l'hémisphère d'Ouest. Peu après, en 1804, les ex-esclaves qui se sont déchaînés, reinstituaient un nouvel esclavage. Sous prétexte de prendre soin des enfants défavorisés les aisés les ont enchaînés dans la servitude. Ces enfants esclaves, appellés reste-avecs, sont privés de leur humanité et d'éducation de base. Ils sont maltraités plus sévèrement que les esclaves d' autrefois, parce qu'ils n'ont aucune valeur monétaire.
Ils se couchent tard sur des morceaux de carton et se réveillent tôt. Ils sont forcés de faire les tâches les plus désagréables que les domestiques payées ne feront pas. Aujourd'hui il y a environ 250.000 restavecs en Haiti, resources humaines perdus que le pays ne recouvrera jamais, et qui n'auront jamais l'occasion de s'intégrer et devenir membres productifs dans la societé Haïtienne. Malgré des lois créées sous la contrainte des organizations de droit de l'homme, Haïti continue à cacher l'esclavage de ses enfants derrière le masque de restavec. Et ces lois sont ainsi violées par ceux qui les ont écrits.
Comme ex-restavec, je suis venu aux Etats-Unis à l'âge de quinze ans pour rejoindre mes maîtres afin de reprendre mes functions de servitude. Quand ils ont remarqué que le système de restavec ne convenait point à la société américaine, ils m'ont mis à la porte pour me dépatouiller tout seul. Dans Restavec, mon autobiographie, publiée par l'Université de Texas Press, je montre le visage derrière le masque, en faisant la chronique poignante et éclatante de mon enfance dans la servitude, et je raconte en détail ma vie subséquente aux Etats-Unis, où, malgré le racisme j'ai fait mes études universitaires et eu beaucoup de succès dans l'armée américaine et dans les affaires. Aujourd'hui, je suis professeur dans un lycée à Ohio.
Que ce livre soit le testament qui sert à montrer que même les défavorisés ont le potentiel d'être membres productifs de leur société, et j'espère sincèrement que ses lecteurs persuaderont leur gouvernement d'abolir l'esclavage des enfants n'importe où il existe.